L'HISTOIRE DU TY









Yamaha TY

24/08/07

Je remercie Christian Rayer et Mick Andrews de leur aide précieuse respective à l'élaboration de cette page.





1- Naissance d'un TY.

1970.
Christian Rayer raconte:
"En 1970, après une bonne année de discussions et de contacts avec des responsables de Yamaha, alors que j’étais encore chez Montesa (et champion de France de trial) et grâce à la détermination et la compétence de Jean Claude Olivier, directeur de Yamaha France, qui réussi à convaincre les décideurs de l’usine au plus haut niveau à Amamatshu, nous concluons un accord pour fabriquer un premier prototype de moto de trial. Je me suis mis au travail dès le début de l'année 1971."
C. Rayer termine son contrat avec l'usine espagnole en 1971.


1971.
Christian reçoit un moteur de 360 cc de RT1 qu'il "trialise". Il fabrique une partie cycle inspirée de la Ossa, travaille la carburation et l'échappement et rajoute un volant magnétique plus lourd pour donner de l'inertie.
"La première moto, je la présente en septembre 1971 en compétition au trial de Lans en Vercor. Au fil des mois suivants et des compétitions, je modifie sensiblement la machine."
Le premier prototype Trial Yamaha était né et Sonauto l'expédie au Japon.


1970-71: Photo du cinquantenaire de Yamaha.




Septembre 1971: C. Rayer au trial de Lans en Vercor.


Septembre 1971: C. Rayer au trial de Lans en Vercor.


1972.
Favorablement impressionnée, l'usine japonaise lui réexpédie le prototype. Christian le met au point en participant au championnat de France de trial.
"Début 1972, l’usine fabrique ses premiers prototypes au Japon et me les fait essayer. Cela reste secret, ni la presse ni personne ne le savait l’époque car chez Yamaha, comme ailleurs, on cultive le secret."
Il remporte la victoire au trial de Sancerre, une première pour un moteur Yamaha. Yamaha lui envoie un moteur à clapet avec le bas moteur du modèle cross, plus léger, et une vraie boite de vitesse de trial.
Séduit par discipline, Yamaha demande la colaboration de Mick Andrews qui vient d'être champion d'Europe avec Ossa et dont le contrat s'achève avec l'usine espagnole.

"Vers le milieu de l’année 1972, l’usine fournit deux motos de pré-série : une 360 pour moi et une 250 pour Mick récemment engagé. Les machines sont déjà très proches de la version définitive (le type 516 que les clients pourront acquérir en série à partir de fin 1973 en version 250)."





1972: Yamaha 360 N1 après 6 mois.



1972: Trial de Sancerre.
Photo C. Rayer.

Le proto devant le magasin Moto 92 de C. Rayer. 
Photo C. Rayer. 

1972: C. Rayeret Matsui Takashi, 1er prototype Yamaha. Photo C. Rayer.

1972: 1er prototype Yamaha. Photo C. Rayer.



 
Photo C. Rayer.

Photo C. Rayer.
1973.
Mick Andrews et Yamaha remportent leurs premières victoires en championnat d'Europe avec le "prototype" Yamaha Trial 250. Après quelques mises au point, la Yamaha TY 250 destinée à la commercialisation voit le jour en été 1973. Le premier modèle de série, destiné à l'homologation, arrive en France dès décembre 1973.





1973: Dernier prototype Yamaha-Matsui de pré-série en compétition à Nemours.


Inauguration de France Trial Classic.

1974, 75 et 76.
"Je continue de participer en compétition pour les saisons 1974 et 1975 sur la partie cycle Cantilever mais avec ma motorisation personnelle en 300cc pour revenir ensuite à la version standard fin 1975 et 1976 plus performante avec le nouveau moteur que je venais de mettre au point en 350 (325cc exactement) et équipée du nouveau bras oscillant. L'ensemble améliorait considérablement les performances de la TY standard afin de pouvoir rivaliser à armes égales avec les 320 Bultaco qui marchaient très fort à cette époque. Mick me fera préparer un moteur 350 TY pour lui qu’il utilisera en compétition et reproduira en Angleterre sous le nom de Malesty".


En seulement 2 ans, ce projet "Trial Yamaha" est passée d'un stade de prototype à celui de la commercialisation de la première moto japonaise de trial. Sa nationalité doit être nuancée, sous les matériaux japonais se dissimulent une idée française, de la matière grise britannique et une ressemblance évidente avec une moto espagnole, Ossa.


En 1973, Yamaha était incontestablement l'un des plus grands spécialistes mondiaux du 2-temps. Le moteur TY 250 dérive de celui du RT2. Il bénéficie de l'admission par clapet "Torque Induction" et d'un système de graissage séparé "Auto-Lube" qui assure automatiquement le mélange de l'huile avec l'essence en fonction du régime moteur, une première sur une machine de trial. L'inertie, indispensable pour ce type de moteur, a été obtenue par d'importantes masses sur le vilebrequin et par un volant magnétique très lourd. La partie cycle est plus traditionnelle et la TY 250 ne rivalise pas, en compétition, avec une 320 Bultaco. Elle deviendra la moto des randonneurs en terrain difficile, des trialistes amateurs et aussi des pilotes de plus haut niveau.


1975: Essai TY 125 par Christian Rayer

Photo C. Rayer


Photo C. Rayer

Photo C. Rayer


Inauguration de France Trial Classic.



Mike Andrews en Yamaha TY 250 au championnat du monde de trial en 1975.


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2- Chronologie commercial du TY 125 en France.

1973


1974
Le Salon de la Moto à Paris lève le voile sur une cylindrée inférieur, la Yamaha TY 125, aussi élégante que sa grande soeur et parfaitement finie. Son moteur reprend la technologie du moteur 250, la boite de vitesse est de 6 et l'installation électrique permet une utilisation routière. La TY 125 annonce les prémices d'une gamme complète allant de 50ccà 350cc.

1975
La Yamaha TY 125 modèle 541 fait ses premiers tours de roues en France. Ce modèle est présenté en blanc avec des bandes rouges soulignées de filets noirs longeant chaque flanc du réservoir à essence. Le cache latéral du réservoir à huile et la grille protectrice du silencieux d'échappement portant l'inscription "TRIAL 125" de couleur noire sont peints en rouge, même l'antiparasite. Le carburateur est de couleur noire. Le cadre double berceau est gris métallisé. L'équipement est particulièrement complet aussi bien pour l'utilisation trial que pour une circulation urbaine.

1976
Le modèle 1K6 fait son entrée et est peu différent du précédent. Les carters latéraux du moteur et le garde chaîne sont peints en noir mat. Le petit silencieux tubulaire arrière du modèle 541 est remplacé par un véritable silencieux secondaire plus gros répondant ainsi aux normes de bruit des Services des Mines et améliorant la souplesse du moteur. La grille protectrice de l'échappement reste de couleur rouge mais porte l'inscription "125" de couleur blanche. L'admission et les réglages de carburation sont aussi améliorés. Le modèle 1K6 est équipé d'un témoins de phare et d'un circuit électrique permettant le montage direct d'une résistance en cas d'utilisation sans batterie pour préserver les ampoules code/phare et feu arrière. En comparaison avec le 541, les "excroissances" du cadre (clignotants, porte-casque, support du contacteur, etc...) sont légérement différentes sur le 1K6.

1977
La Yamaha TY 125 apparaît au Salon de la Moto à Paris avec une robe modifiée. Ce modèle 1K6 est techniquement identique à celui de 1976. Le réservoir à essence reste blanc mais reçoit une nouvelle décoration composée d'une large bande en forme de virgule sur chaque flanc soulignant la forme du réservoir. cette bande est interrompue vers l'arrière en 4 endroits et elle est soit de couleur bleu-noir soulignée de filets rouges soit rouge avec des filets bleu-noirs. La grille protectrice de l'échappement est peinte en blanc et porte l'inscription "125" en noir. Le contacteur à clé est fixé sur le cadre coté gauche et non plus à coté du phare à droite sur les modèles précédents.





La Yamaha TY 125 fut initialement conçu en 175cm3 (comme en témoigne de nombreuses pièces dont les références sont 525-...) sur une base de 250cm3, cette baisse volontaire de la cylindrée permit de s'adapter à la législation française. Accessible aux automobilistes et aux adolescents de plus de 16 ans, fiable, docile et sa simplicité d'emploi construisirent sa popularité. Pour la première fois, un modèle spécialisé offrit une polyvalence avec une qualité de fabrication et un tarif raisonnable de moins de 5000 FF.
Yamaha commercilaise avec sa machine un kit pour la rendre plus trialisante (démultiplication, gicleur, kit pour un fonctionnement sans batterie, kit 175cc).

"C'est la grande folie, les 125 de trial se vendent de mieux en mieux et Yamaha avec sa nouvelle TY fait un malheur" (moto verte n°227 07/1975). Cet engouement pour la moto de trial reflète le développement du tout-terrain et la TY 125 est une excellente machine d'initiation. Sa légèreté, son moteur plus silencieux que la TY 250 et son budget d'entretien pas trop lourd en font une moto idéale pour la balade. Elle suit les traces de la 250 mais nécessite parfois l'aide d'un pied. Pour le trial qui demande des moto puissantes et légères, elle semble mieux adaptée mais manque de chevaux. Les moto qui avaient, à l'époque, des meilleurs résultats en trial étaient des 250cm3 et plus.

La Yamaha TY 125 n'eut pas d'autres ambitions que de populariser le trial et d'aider à l'émergence de futurs champions. Cette mission fut parfaitement réussite durant ses 15 années de commercialisation pour lesquelles elle ne connut que des évolutions mineures. Durant les 3 premières années, 13000 moto furent vendues signant un succès commercial. La TY 125 battra un record de longévité. Pour une machine de trial, elle est proposée jusqu'en 1991 sans grande transformation (hormis les décorations de réservoir) pour un prix de 4700FF (1974) à 14200FF (1991).





TY 125 type 541 (1975).


TY 125 type 1K6 (1976).
Photo de Thierry


TY 125 type 1K6 (1977-79).


TY 125 type 1K6 (1977-79).


TY 350 type 616 (1978-80).


TY 125 type 1K6 (1980-82).


TY 125 type 1K6 (jusqu'en 1991)
Photo de Charles



Moto Verte n° 91
document fourni par José
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3- La gamme TY et préparations.

Un éventail de cylindrée: 50, 80, 125, 175, 250 et 350cm3.


TY 50 et 80.
En Juillet 1976, la TY 50 voit le jour sous le modèle TY 50 P qui est doté de pédales afin de répondre à la législation française pour séduire les plus de 14 ans avec un prix de 3173FF. Esthétiquement il s'agit d'une version miniaturisée des TY 125 et TY 250 et son moteur conserve les avantages de ses grandes soeurs (Torque Induction, Auto-Lube, etc...) et offre une puissance de 2,7ch limitant l'ampleur des zones ou l'on souhaite l'emmener.
En Aout 1977, la TY 50 M succède au modèle P et subit quelques changements en 1978: le diamètre des roues est plus grand ce qui nécessite une modification de la boite de vitesse en diminuant le nombre de disques de l'embrayage de 5 à 3 (3 frictions et 2 plats devenant 2 frictions et 1 plat).

En 1980, la législation supprime l'équivalence permis B et A1, la TY 80 "remplace" alors progressivement la TY 125.

Jusqu'en 1982, 23500 TY 50 et 3600 TY 80 ont été commercialisées en France.

TY 125.
Voir ci dessus.

TY 175.
Modèle non importé en France, type 525.


TY 250 et 350.
De 1974 à 1980 en France, Yamaha vend environ 1800 TY 250 et dans ce total sont compris les TY350, malgré un prix de 7350FF plus élevé que celui de ses concurrentes Montesa Cota 6400FF et Bultaco Sherpa 6550FF.
En 1983, l'importation reprend avec la TY 250 L, type 59N. Le moteur est une évolution du modèle précédent et dispose de plus de couple avec un échappement en aluminium. La partie cycle est entiérement nouvelle, le cadre est un berceau interrompu et le sabot de protection du moteur assure la laison avec la partie arrière, la suspension arrière est de type "monocross" et économise un amortisseur, un rayon d'une seule pièce en remplace 2 en travesant le moyeu. La machine ne pèse que 83Kg.
En 1985, la TY 250 S se vend en France à 580 exemplaires, un résultat inespéré grâce à une machine désormais compétitive sans transformation. A noter qu'il existe un TY 350 mono amortisseur non importé en France.
En 1988, apparait la TY 250 R et dispose d'un frein avant à disque en 1991.
En 1993, la TY 250 Z est une machine des temps modernes avec un cadre en aluminium Delta Box, un moteur à refroidissement liquide
...

En France, Christian Rayer propose un kit 350 et en 1979 Yamaha produit en série le TY 350 (bi amortisseur) sous le type 616 (8900FF en 1979).
En Angleterre, John Edward Shirt s'accocie à Mick Andrews pour créer une nouvelle moto appelée MJESTY: MA pour Mike Andrews, JES pour John Edward Shirt et TY. Le moteur est suralésé à 322cc et la géométrie de la direction, le cadre (il y en aura plusieurs), les supensions et l'empattement sont modifiés.

La plus grande concurrence du TY 250 est le TY 125 kité en 175. Pour 3000FF de moins à l'époque, le 175 présente les mêmes qualités de finition et de fiabilité mais moins à l'aise pour les trajets routiers. Mais le 175 est plus légé, plus facile à conduire, plus souple et finalement plus efficace. En 1979, 2000 TY 125 sont mises en circulation contre moins d'une centaine pour le 250 motivant ainsi le travail de préparateur et l'apparition du TY 350.




Contacteur à clef de 541 et 1K6 (1976) sur la droite du phare.
Photo de Thierry


Grille de pot de 1977.



Grille de pot de 1975-76.
Photo de Lionel


Le moteur d'un TY 541,
les carters sont de couleur aluminium.


TY 250, 59N, 1985.


TY 250, 59N, 1987. Réservoir en plastique
FRANCE

TY50

49cc
40mmX39,7mm
4 rapports

2,75ch.


1G4, 2J7
TY50P:1976?
TY50M:1977-83?

TY80

72cc
47mmX42mm





2V9:1974-84?



TY125

123cc
50mmX56mm
6 rapports
Carbu:22mm
13ch.
86Kg (net)

541:1975.
1K6:1976-91
TY"239" Rayer

206cc
50mmX72mm
6 rapports
Carbu:29mm
18ch.
88Kg (net)




Kit de préparation

TY250 (bi)

246cc
64mmX70mm
5 rapports
Carbu:26mm
16,5ch.
93Kg (net)

434:1973.
516:1974-80?






TY250 (mono)








59N:1985?-92?

TY350 (bi) Rayer

322cc
64mmX80mm
5 rapports
Carbu:26mm
21ch.
92Kg (net)

616:1978-80
TYZ

249cc
58mmX74mm
6 rapports


82Kg

4GG:1992?-96?
MODELES SPECIFIQUES ETRANGERS
  TY80 mini

US, UK, Australie

TY175

171cc
50mmX66mm
6 rapports
Carbu:22mm
16ch.


525:1975-84?

US, UK, B, D, Australie

    TY350 (mono)

US, Australie?



   
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4- Et demain ?

Elle est de retour avec une production française à moteur japonais Yamaha, Scorpa.
Le TY-S 125 F porte dans son nom une partie de son aïeul et est déjà "décliné" en 175, 250 avec un kit long ride (selle et
grand réservoir) et C.Rayer fabrique des kits... L'histoire recommence.

 
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